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Quelle bouillabaisse !

La Rascasse avant la Bouillabaisse
Gilles Del P
appas
Éditions Lajouanie 2015

Gilles Del Pappas a décidé de la jouer à l’ancienne, façon « Tontons flingueurs » un poil actualisé, mais à peine. Pourquoi diable vous dis-je ça ? Sans raison précise, je l’avoue. Mais c’est une question de climat. De dialogues, de regard…

Bobby, le héros, fâché avec la maréchaussée française, quitte précipitamment le territoire métropolitain. Empruntant le chemin des écoliers, usant de skippers pour traverser l’océan, il a décidé de filer au Brésil à partir de la Guyane. Discret, efficace, mais pas sans danger.
Chaleur, bestioles, jungle… ou comment, par malchance, tomber sur un gros sac d’or. Vous avez bien lu : malchance, car Bobby regrettera toute sa vie et amèrement ce moment où tout a basculé. Car l’or, il ne l’a pas trouvé. Guy, un compatriote exilé ayant convaincu notre homme en cavale de le suivre dans une partie de chasse, c’est un chercheur d’or fuyant une attaque de son campement qui a joué le rôle du gibier. Chercheur d’or, guide, les témoins tombent comme des mouches, Bobby serre les fesses, Guy sème les victimes de sa folie et de son incapacité à supporter toute résistance à ses désirs.

Les deux hommes prennent du champ, Bobby s’installe dans une vie presque paisible et… tombe amoureux. Encore une fois, hélas, Guy va être le serpent dans le paradis. Bobby n’a plus que ses yeux pour pleurer sa richesse, son amour, dans une prison guère plus accueillante que ne l’était la jungle.

Dix-sept ans plus tard, après une évasion rocambolesque, Bobby décide de refaire sa vie. Pour lui, pas de rédemption sans vengeance.
Mais tout a un prix…

Oui, je persiste. Les voitures sont des charrettes, les filles, des poupées. On fume, on boit, on joue au poker. C’est rapide, léger, drôle, et grave en même temps, car on a beau être un Homme (je souligne le H) on a un cœur, l’amour peut faire pleurer.


C’est un pur roman d’innocence, sans résonance sociale, sans posture, sans thèse. C’est de l’aventure, de bon aloi, ça se lit joyeusement, et les quinquas y retrouvent la saveur des romans de jeunesse. Les autres passent un moment de tension, de suspens, que ne dépare pas la posture d’homme seul du voyou en cavale, pleurant son amour perdu, dimension dramatique supplémentaire.

Policier mais pas que… dans celui-là, un brin de nostalgie pour les beaux mecs d’autrefois.

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