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Dernière Cavale

Anti conventionnel plus encore que non conventionnel, écrivain et brigand au cœur grand comme le monde, Hafed Benotman nous a quittés. Son cœur, fatigué par tant de passions, s’est arrêté alors qu’il aurait eu encore tant de belles choses à vivre et à écrire.
C’était un ami. Un ami manquera pour toujours. Et pourquoi cet homme en avait-il tellement, des amis, pourquoi sa disparition plonge-t-elle tant de gens dans l’affliction, la colère ?
Autour de sa tombe, il n’y aura que des frères et des amoureuses ou de tendres amies. Car il était ainsi : chaque homme était son frère, chaque femme était l’incarnation de la féminité qu’il révérait. Quand Hafed s’asseyait auprès d’une femme et lui offrait son sourire canaille, ce n’était pas en prédateur, ne pas confondre avec DSK et consort. C’était en amoureux de la gent féminine toute entière et aucune ne lui en a jamais voulu de cette puissance d’amour inépuisable.
Il m’a confié il y a quelques temps deux magnifiques manuscrits. L’un est programmé pour le printemps, une très belle correspondance de prison avec une amoureuse en littérature. L’autre manuscrit, il m’en disait « Il m’a suivi tout ma vie, je ne sais pas ce que c’est. » et il concluait en riant « Ce sera un bizarroïde book » .

L’homme est mort. Ses mots vont vivre au-delà de son absence. Et son cœur aussi, ce cœur paresseux qui l’a lâché trop tôt. Je lui ai fait la promesse de donner à lire ce qu’il était vraiment, car jamais il ne s’était livré comme dans ces lignes. Il avait choisi un titre en forme de provocation souriante, à sa façon si personnelle : « l’Athégriste ».
Mais Hafed vivait comme l’oiseau sur la branche. Celle-ci a cassé et sa femme, sa sœur, ses proches tentent aujourd’hui de survivre à la peine et aux soucis.
Nous ne pouvons leur ramener le frère, le mari, l’ami. Mais nous pouvons les aider à supporter le poids financier qui finit par rattraper tout le monde, y compris les brigands nomades et sans attache.
Si vous l’avez lu, si un jour vous avez eu la chance de le rencontrer, vous avez forcément trinqué, rit, échangé de manière inoubliable avec lui.
Une contribution sera la bienvenue quel que soit son montant. Hafed n’aurait jamais fait la manche, mais il aurait dit merci à un cadeau fait du fond du cœur.

photo : un soir de Salon du Livre, Hafed entre Jeanne Desaubry et Max Obione, dans le restaurant de Francine Benoman.

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