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Vraies enquêtes en miniatures

Sur Slate.fr de ce jour, un article passionnant sur une femme non moins passionnante : France Glessner Lee. Cette femme fut longtemps contrariée par les conventions stupides de son époque (le XIXème siècle) , voulant qu'une jeune fille de famille américaine riche ne quitte pas sa maison, ne fasse pas d’étude, n'exerce pas de métier. Il a fallu un divorce, puis la disparition de son père pour qu'enfin elle puisse se livrer à sa passion criminalistique !

Frances Glessner Lee a durablement marqué l'enseignement des sciences d'investigation, et cette reconnaissance, qui dure au-delà de sa mort survenue à l'âge vénérable de 83 ans me touche.

Ses reconstitutions miniatures ne sont pas sans me renvoyer aux "vitrines" de Michel Amelin, qui, cette fois, loin de toute volonté de reconstitution se plait à évoquer des histoires criminelles. Dans tous les cas, la même passion pour la compréhension, et la même compassion pour les victimes.

Lire l'article complet (citation ci dessous)

Comment, avec ses terribles reconstitutions de scènes de crime façon maisons de poupée, une femme, Frances Glessner Lee, aura transformé les enquêtes policières en discipline scientifique.

Le 19 août 1946, Dorothy Dennison sort de chez elle et se rend à pied chez le boucher de son quartier. Nous sommes un lundi après-midi et la lycéenne savoure ses vacances d'été. Aux alentours de midi, elle passe la porte de la boutique et achète des steaks hachés – pour le dîner, sa mère a prévu de faire des hamburgers.
Quelques heures plus tard, Dorothy n'est toujours pas rentrée chez elle. Inquiète, sa mère appelle un voisin, le boucher, mais personne ne sait où se trouve la jeune fille. À 17h25, la mère téléphone à la police et signale la disparition de Dorothy.
Les jours passent sans que le moindre indice permette de retrouver sa trace. Le vendredi, l'officier de police Patrick Sullivan pénètre dans la maison sombre et délaissée d'un pasteur d'église parti en vacances. Derrière les fenêtres aux volets tirés et au milieu des meubles recouverts de draps, Dorothy est là, parterre, couchée sur le dos, morte.
Elle a les jambes et les bras ouverts, et un couteau planté dans le ventre. Sa robe blanche a été déchirée, découvrant sa poitrine, et des marques de morsure parsèment son corps et ses jambes. Elle a une plaie au crâne, ses cheveux châtains sont obscurcis dans une mare de sang noirâtre. Sur la tête, elle porte toujours le bandeau rouge, surmonté d'un nœud, qu'elle avait lundi en sortant de chez elle, un ruban assorti aux ballerines qu'elle garde encore aux pieds.
Au centre de médecine légale du Maryland, j'ai vu le corps meurtri de Dorothy dans la position exacte où l'officier Sullivan a pu le trouver ce 23 août 1946, à 16h15. La fin tragique de Dorothy a été conservée pour toujours dans un étrange diorama miniature exposant le moindre petit détail physique circonstanciel à sa mort.
Le paysage mortel de Dorothy –«Le salon du presbytère», de son petit nom– est l'une des vingt scènes de crimes façon maison de poupée qu'aura fabriquées une femme, Frances Glessner Lee, que l'on surnomme «la mère des enquêtes criminalistiques». Grâce à Lee et ses meurtres en miniature, et ses travaux précurseurs en sciences criminelles, le cours des enquêtes de police aura été transformé à tout jamais.

Slate.fr

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