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 2 mots, 3 romans

Puisqu’il n’est pire destin que l’indifférence, pour un roman, comme pour un humain, avant qu’ils ne passent à la trappe aux oubliettes, voici quelques mots sur des romans qui ne me laisseront pas forcément de souvenirs inoubliables, mais dont j’ai cependant achevé la lecture (un indice, en soi). Est-ce le fait du hasard ? Deux sont nés de duos d’auteurs.

Serum (l’intégrale)
Henri Loevenbruck et Fabrice Maz
za
Editions J’ai Lu 2014

Un psy border line, qui n’hésite pas à se lancer dans des expérimentations hasardeuses impliquant l’utilisation d’un mystérieux sérum à base de datura afin de rendre l’hypnose plus profonde, est lié d’amitié avec une jeune irlandaise, flique à Manhattan, mère de famille célibataire. Elle va le soutenir malgré ses mensonges et ses trahisons et tenter de résoudre, en s’appuyant sur ses révélations comme ses dissimulations, le meurtre d’une jeune inconnue amnésique.

Ce n’est certainement pas un mauvais roman. Si vous acceptez le parti pris revendiqué de sa construction, strictement conforme aux épisodes d’une série télé, vous pouvez même l’apprécier. Il n’empêche que ses rebondissements, et l’appartenance de ses personnages à des « types » clairement identifiés comme à succès (Dexter, The Mentalist etc…) n’accrocheront pas forcément l’amateur de roman noir à la française.

 2 mots, 3 romans

Trouvée
Luc Bossi et Isabelle Pol
in
Fayard Noir, 2014

Qui est Clara ? La flic coriace qui la soupçonne du meurtre de son amant secret n’en est pas certaine. Clara non plus. C’est bien le problème. Et d’ailleurs, assez vite, Clara va se rendre compte qu’elle ne connait peut-être pas tant que ça non plus François, son fiancé, l’homme qui vit auprès d’elle dans une maison isolée dans les bois. Et ce voisin, qui semble effrayer François, qui est-il lui-même ?

Non, Clara n’a peut-être pas tant que cela intérêt à se souvenir de ce qui lui est arrivé, de ce qu’elle a fait, de qui elle a été… D’ailleurs, pourquoi ces mystères autour d’elle? Ces mots qu’elle trouve partout, dissimulés dans ses affaires « Je t’ai trouvée… »

Qui veut qu’elle se souvienne absolument de celui qui l’avait « trouvée » autrefois, et semble-t-il, gardée pour jouer ? Quand elle va finir par s’en souvenir, elle voudra très vite retrouver l’oubli…

Intrigue fouillée, personnages complexes… Les auteurs jouent avec les nerfs de leurs lecteurs en leur infligeant un revirement total dans l’appréciation des données du roman tous les deux ou trois chapitres. Si vous survivez à ces changements de cap, vous apprécierez sans doute la Sologne et ses paysages, et les doutes d’une jeune femme qui voudrait vivre, aimer et finalement, se met à douter de tout, y compris de ses désirs, pour se sentir attirée par la mort…

Une fantaisie noire, bien ficelée, peut-être un peu trop construite qui aurait mérité d’être plus simple, et partant, plus sensible.

 2 mots, 3 romans

L’été des Jouets Morts

Toni Hill, traduit par Thomas Delooz

Flammarion 2014

Voici un premier roman espagnol, écrit par un psychologue de formation. Dirais-je que cela se sent ? Oui… Sans aucun doute. Le roman est subtil dans sa peinture de personnages, et les portraits aigus offrent une palette nuancée des lâchetés et perversions diverses dont est riche la nature humaine...

Quand un jeune-homme sans histoire tombe par la fenêtre : suicide ou accident ? Qu’est-ce qui est le pire pour une famille ?
La société espagnole, malgré des apparences de modernité souffre encore des séquelles des verrouillages de la société franquiste. L’église garde une place importante dans la classe dominante. Dans ce contexte fermé, les souffrances individuelles se heurtent aux silences d’antan…

Un roman intelligent, dont les personnages sont touchants, et qui mérite un peu plus qu’un regard distrait de lecture de vacances.

Tag(s) : #critiques

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