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Les restes du mythe de l'Ouest Américain

Molosses

Craig Johnson, traduit par Sophie Aslanides
éditions Gallmeister 2014

Aaahhh ! soupir de bonheur, d’aise, en ouvrant les premières pages de ce roman. Surtout ne pas lire la quatrième, entrer tout doucement dans cette nouvelle aventure de Walt Longmire. Et là, paf, se rendre compte que d’avoir vu les deux saisons de la série « Longmire » a tout perturbé.

Non pas que cette série, écrite à partir des personnages et de l’univers de Craig Johnson ne soit excellente, mais elle a, en quelque sorte, pollué, envahi la lecture et il faut revenir à celles qui avaient précédé, liées à la seule imagination de lecteur.

Une fois cette remise en ordre effectué, c’est à nouveau tout bonheur de se glisser dans les pas de Walt, qui ronchonne tant et plus à l’idée du mariage de Cady, sa fille, qu’organise Standing Bear…

C’est l’hiver au Wyoming, et pas un hiver de chochotte. La nuit, la température tourne en dessous des -40° (Celsius…) et le vent vous découpe aussi surement en tranche qu’un couteau indien.

Walt, amené à régler un conflit de voisinage, a priori sans gravité, en arrive à rechercher le propriétaire d’un pouce retrouvé dans une casse automobile.
Il y aura finalement des morts, dans cette étrange affaire où l’intuition joue un rôle non négligeable, et l’amour aussi, quand bien même les protagonistes atteignent allégrement les soixante–dix hivers.

Un cru solide, peut-être pas tout à fait aussi charpenté que « Little Bird », mon préféré de la série, mais qui vous donne à nouveau la dimension d’un personnage et d’un monde dont la description ne perd pas en saveur, bien au contraire, au fil des parutions.

L’écriture continue de couler sereinement, et la traduction reste à la hauteur.

Craig Johnson, avec cette série « Longmire » est en train de prendre une place conséquente dans le paysage littéraire noir.

Son héros, chaleureux et ronchon, humain, doté de défauts et de qualités ordinaires est profondément attachant. L’épaisseur des personnages, la description d’un mode de vie loin, loin, des rues agités de LA ou de Manhattan… C’est un bol d’oxygène.

Les situations racontées dépeignent les restes de l’Ouest américain mythique : sans angélisme, et même teinté de pas mal de pessimisme, mais avec une profonde humanité qui l’emporte sur le côté sombre de l’époque.

Merci Craig !

Tag(s) : #critiques

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