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En vrai, c'est bien pire...

Fils de Sam
Michaël Menti
on
Éditions Ring 2014

Rien de tel que la réalité pour vous glacer le sang… Dans ce documentaire construit comme une fiction, Michaël Mention s’y entend pour instiller une angoisse étouffante.
Ce qu’il est convenu aujourd’hui d’appeler « docu-fiction » paraît dans une collection intitulée « Murders Ballads » dirigée par Stéphane Bourgoin. On voit bien tout de suite qu’il ne s’agira pas de recettes de cookies…
De nombreuses photos illustrent le récit apocryphe de la dérive hallucinante de David Berkowitz : portraits-robots, photos de victimes, dessins… dont le fameux sigle ésotérique apposé par le tueur sur les lettres reproduites en fac similé et qu’il aurait adressées à la police et la presse pendant l’année où il a sévi.
Le Fils de Sam, on le rappelle à ceux pour qui les années 70 représenteraient l’âge de pierre, était un tueur ciblant surtout les jeunes filles, brunes et aux cheveux longs. Il en a tué plusieurs, soit alors qu’elles étaient seules, soit à l’occasion de séances bécots dans les voitures de leurs amoureux. Armé d’un .44 qu’il manipulait au petit bonheur la chance, porté par une énergie sexuelle dévoyée, accablé d’une affreuse solitude… l’homme résistait à ses pulsions mais finissait par y céder, obéissant à la voix intérieure d’un chien venu de l’enfer.
Mickaël Mention recrée l’intimité du tueur avec à la fois une grande rigueur documentaire et une grande inventivité. Certes la créativité littéraire qu’il s’autorise peut approcher de l’interprétation plus que du compte-rendu, mais elle rend cependant remarquablement compte du psychisme perturbé du tueur.
Pour ma part, et bien qu’il soit clair que les investigations de l’époque n’ont certainement pas pu couvrir toutes les pistes, et que les moyens scientifiques des forces de police n’étaient pas en 76 et 77 ceux d’aujourd’hui, je regrette un peu ce qui s’apparente à une dérive de l’auteur lorsqu’il évoque des sectes sataniques ou des complots traversant les États-Unis et le monde.
La réalité est bien assez cruelle et comme l’a souvent dit Stéphane Bourgoin lui-même, la stupidité, la tristesse et la banalité des serial killers se suffisent bien à elles-mêmes.
En dehors de cette petite restriction, « Fils de Sam » est un ouvrage passionnant, un documentaire au suspens romanesque bien mené, et même si l’on croit déjà tout connaître de la criminelle errance de David Berkowitz , on le lira avec le plus grand intérêt et sans doute fera-t-on des découvertes au long des pages.
Un livre glaçant, qui rappelle que le destin frappe qui il veut, où et quand il le veut…

Tag(s) : #critiques

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