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A ne pas lire au lit !

Doberman,
l’intégrale, volume 1
Joël Houssin
Edition Ring, 2013


Nous sommes dans les années 80. Les taxis écoutent Nicoletta ou Sardou en tournant dans Paris la nuit. Les mauvais garçons se réunissent dans des bars de Pigalle.
Yann Lepentrec est « Dobermann » ou encore « Le Dob ». Un beau brin de gars d’un mètre quatre-vingt, aux boucles châtain clair mal disciplinées, au regard gris inquiétant, s’allumant de flammèches dorées lorsque la tentation de la violence émerge. Et elle fait souvent plus qu’émerger. Ses yeux étranges flamboient souvent. Il n’aime pas les flics, ce roi des voyous, titre qu’il refuserait tout net. Car il ne chérit que la liberté, l’indépendance, celle qu’il gagne avec son magnum à canon long.

Dans « Le Dobermann », Joël Houssin fait le portrait d’un « Milieu » qui a disparu. C’est toute une époque. Un temps où les Kalachnikovs ne fleurissaient pas encore dans les banlieues.

Les éditions Ring ont réuni en 1240 pages sept romans de la série des aventures du Dobermann, face à son ennemi juré, le commissaire de l’antigang, Christini, flic violent, ne répugnant pas aux coups les plus vicieux pour arriver à ses fins. Sorte de héros des temps modernes, mais déjà désuet, Le Dobermann se présente comme un Mandrin, voire même un Lupin, échappant toujours aux coups tordus des flics, fidèle dans son cœur même s’il craque parfois pour une « frangine bien carrossée », en tout cas indéfectiblement fidèle en amitié. Sa fréquentation n’est pas sans danger, ça canarde beaucoup, ça se poursuit en voiture, et les flics cognent à coups redoublés sur les mauvais garçons qui parfois tournent à l’indic.

On peut se replonger avec délices dans cet archétype de littérature populaire. Et il faut le reconnaître : Joël Houssin écrit bien, avec des feux d’artifices d’humour grinçant appréciables. Je ne lui ferai qu’un reproche : il se réclame tellement de la tradition française des mauvais garçons qu’il sombre parfois dans la franchouillardise méprisante : les « nègres » et les « crouilles » n’ont guère le beau rôle. Pour le reste, et si on en redemande, il suffit d’attendre le printemps : le volume 2 va nous arriver, et on nous promet le volume 3.

Précaution à prendre : ne pas lire au lit sous peine de mourir étouffé sous le poids, mais sur les genoux… ça le fait.

Tag(s) : #critiques

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