16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 16:16

A défaut de lire le livre, qu'il parait néanmoins intéressant de se procurer, on peut lire l'interview de l'auteur. Et se rappeler. Le pauvre Jaurès,mis à toutes les sauces, que certain président avait voulu récupérer, que dirait-il de notre époque ? De son manque de solidarité ? de son énergie toute entière tournée vers la "croissance" notre nouveau veau d'or ? Peut-être hausserait-il simplement les épaules, incrédule.

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Jeanne Desaubry
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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:49

Coyote Crossing
Victor Gischler
Denoël, Sueurs Froides, 2013

L’Oklahoma. En plein milieu de nulle part. Tellement loin de tout qu’on n’y connait pas le téléphone portable. Au milieu de ce vide sidéral puant l’ennui et la poussière : Coyotte Crossing. Une ville de bouseux qui n’ont rien à envier aux bouseux des villes. On est en Amérique, ne l’oublions pas, et le moindre pékin est armé jusqu’aux dents.
Toby Sawyer s’est retrouvé piégé dans la ville de sa naissance par une paternité impromptue. Musicien de bar, il n’était revenu que pour l’enterrement de sa mère, et puis s’est retrouvé coincé là avec un mioche et une femme qui ne l’aime pas. Sa vie se résume maintenant à un mobile home minable pour maison, et un boulot merdique d’adjoint du shérif a mi-temps pour seul revenu. Infidèle, indolent, un peu lent d’esprit, gentil et paresseux, père extrêmement attaché à son bébé, ce qui le sauve d’une totale insignifiance. Et puis…
Et puis soudain, unité d’action, unité de lieu, unité de temps ! En une seule nuit de folie Coyotte Crossing va basculer. Toby va perdre tous ses repères. Il va lui falloir puiser au plus profond de lui-même des ressources dont il ignorait l’existence.
Le voici qui court comme un canard fou à la recherche d’un corps qui a disparu. Un macchabé, ce n’est pas censé quitter une scène de crime par ses propres moyens. Mais voilà, Toby qui devait garder les deux, a préféré aller tirer un petit coup vite fait avec sa copine. Le shériff ? Disparu aussi. Les collègues ? Il va falloir faire le tri car il s’avère vite que certains ne sont pas du tout les représentants de la loi que Toby croyait connaître.
Pour s’en tirer, sauver sa peau, celle de son fils aussi, le jeune adjoint va devoir transformer son étoile de fer blanc en étoile d’argent. Cela va lui coûter beaucoup de sueur, la destruction de tout un tas de véhicule, il va lui falloir user un nombre incalculable de balles pour activer le dézingage de tout un tas de méchants…
On serait dans un scénario à la Tarantino s’il n’y avait les cheveux fins de son bébé qui font trembler le cœur de Toby. Une lecture sur un rythme endiablé qui donne bien de l’allant au gris du temps.

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Jeanne Desaubry - dans critiques
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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 08:22

Salut amis ! Max Obione nous a créé une belle page facebook pour ska, maison d’édition numérique de qualité. N'hésitez pas à la visiter pour découvrir nos productions. Des sorties mensuelles, polar et érotiques, des écritures de qualité. Alle hop, cliquez, aimez, découvrez ! Pour mettre du soleil où il n'y en a pas.
https://www.facebook.com/pages/EBooks-SKA/519677064759524

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Jeanne Desaubry
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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 10:20

Premier Homme
Xavier-Marie Bonnot
Actes Sud, actes noirs 2013

Enfoui sous une cascade de textes lus, travaillés, corrigés, dévorés, rejetés, ce « Premier Homme » refuse de se laisser oublier malgré une 4eme sans charme et une couverture peu attirante.
L’histoire ? Des plongées dans des calanques hivernales, le mistral qui décape le ciel, des histoires de famille inoubliables, dont la blessure suinte encore le pus vingt ans après, l’amour fraternel et le passé, le très grand passé, celui de l’aube de l’humanité comme refuge. Et peut-être la folie comme corollaire.
Il y a vraiment un étrange hiatus entre les souvenirs que ce roman me laisse et sa quatrième de couverture. L’éditeur manquait-il d’inspiration ? Car si j’ai oublié qu’il est question d’un flic et d’un tueur, je me rappelle très bien l’importance d’une ampoule grillée. D’une maison abandonnée et de la sorcellerie des premiers âges. Je me rappelle des scientifiques, des plongeurs, de ce vieux savant refugié dans la garigue. Ce roman nous embarque dans une intrigue curieuse, pleine de sa propre recherche, mais aussi donnant à spéculer, stimulant la curiosité pour la paléontologie, l’admiration pour ceux qui vouent leur vie à la recherche.
Ce roman, plus qu’enquête classique avec un méchant à attraper (est-il méchant d’ailleurs ?) dissèque l’influence et l’importance de tous les passés sur le présent : histoires de famille, souffrances de l’enfance. De toutes les enfances : celle des humains et celle de l’humanité. Ça, et la beauté inquiétante des scènes de plongée en font une lecture prenante.
Il faut ajouter que le Marseille hivernal avec ses lumières dures raconté par Xavier-Marie Bonnot a de quoi donner des envies de weekend aux septentrionaux. Ne nous en privons pas alors que le printemps a de toute façon décidé une grève illimitée au nord de la Loire.

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Jeanne Desaubry
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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 21:04

Un long moment de silence
Paul Colize
Editions la Manufacture 2013

Quelle peut être la vie d’un petit garçon, que son premier souvenir obsède ? 1954. Sa mère, la main accrochée à un téléphone, s’effondre en apprenant la mort de son époux. Une vie placée sous le signe de l’attentat aveugle qui a fait dix-sept morts en Egypte. Les terroristes, aussitôt abattus par la police, n’ont rien révélé de leurs motivations.
Qui était ce père ? Que faisait-il en Egypte ? N’est-il que la victime d’un hasard qui l’aurait mis là au mauvais endroit, au mauvais moment ? Ou bien… ? C’est le « Ou bien » qui obsède.
Stan, à l’âge adulte, voudrait répondre à ces questions pour mieux les oublier. Pour oublier peut-être aussi qu’il vit seul comme un rat mort et que son cynisme l’isole plus qu’il ne le protège des autres et du monde. Chef d’entreprise, autoritaire, cassant, sans aucune illusion sur personne, il use des femmes comme d’autres le font de l’aspirine. Elles ne servent qu’à assouvir une pulsion dont l’amour est absent, la considération et la tendresse tout autant.
C’est un long chemin que va prendre Stan. Une longue enquête qui va remonter le temps jusqu’à la seconde guerre mondiale, quand les familles étaient dispersées ou brisées dans des mouvements de population fuyant et refluant, cherchant à échapper aux combats.
C’est un long chemin qui remonte aussi le courant de l’histoire du peuple juif et des chasseurs de nazis à la façon Wiesenthal.
C’est enfin un long chemin au cœur de sa propre famille et de son éternel sentiment d’abandon.
Le cynisme hargneux de Stan est un des ressorts puissants du roman, et l’on peut soupçonner Colize de se délecter au portrait de cet enquêteur atypique qui fouille un présent récalcitrant toujours prompt à protéger un passé encore douloureux.
Usant de l’enquête comme d’une plaque révélatrice des secrets d’autrefois et de leurs effets contemporains, Paul Colize bâtit un thriller historique, dont l’humanité et la sensibilité ne se révèlent que peu à peu, page après page, pour s’achever sur une conclusion stupéfiante.
La construction très travaillée, en aller-retour entre les époques concernées, donne au lecteur tous les fragments d’un puzzle qu’il lui faut recomposer. C’est tout le talent de l’auteur de ménager une conclusion imprévue.
Ne surtout pas lire la « note au lecteur » figurant en fin de livre avant d’en avoir achevé la lecture, mais ne pas l’omettre : elle plante une dernière banderille qui rappelle encore une fois que le roman noir est le meilleur miroir possible de notre époque.

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Jeanne Desaubry
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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 17:40

Amis qui passez parfois sur mon blog http://jeanne.desaubry.over-blog.com n'hésitez pas à aller vous réinscrire. Overblog migre vers un nouvelle administration et a vilanement chassé les infos des abonnés.

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Jeanne Desaubry
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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 17:16

Amis abonnés, réinscrivez-vous pour continuer à être informés des parutions sur mon blog. Bien qu'il n'y paraisse pas pour le lecteur, la plate-forme a migré vers un nouvelle gestion qui a tout conservé... sauf les inscriptions. N'hésitez-pas !

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Jeanne Desaubry
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26 avril 2013 5 26 /04 /avril /2013 16:51

Comment est-ce possible ? M’sieur Apple, vous n’aimez pas Pierre Louÿs ? Son sens de l’humour décalé ? Son écriture précieuse et précise ?

Non, M’sieur Apple n’aime pas Louÿs ! Ouh, ce vilain mot de censure !

Ska est une maison numérique qui présente depuis janvier 2013 des textes courts et de qualité, noirs et érotiques. Apple, via i-Tunes store, commercialise, entre autres sites marchands, les parutions de skaediteur.net fondée avec Max Obione. Or, il a été décidé par Apple de ne pas proposer à la vente le délicieux « Manuel de civilité pour les petites filles à l’usage des maisons d’éducation » de Pierre Louÿs.

Mais pour quelle obscure raison ? La couverture ? Pas plus découverte que la première pub venue pour un parfum ou une lessive. Le titre, peut-être qui cite les « Petites Filles » ? Qui croira que Louÿs puisse aujourd’hui troubler l’âme des jeunes filles élevées par des bonnes sœurs et les détourner du droit chemin ?

Non, la censure tape en aveugle, et sottement, alors que ce texte d’une drôlerie décalée est on ne peut plus roboratif. Son anticléricalisme souriant est subversif, comme sa « déconstruction de la famille ». Voilà pour moi quelques unes des vraies raisons.

Un extrait, pour le plaisir ?

  • Si vous êtes assise sur le coin d’une chaise, ne vous remuez pas trop d’avant en arrière. Cela vous donnerait des distractions.
  • Si le monsieur qui parle à votre mère se met à bander dans son pantalon, ne le faites pas remarquer tout haut. Ce serait impoli. […]

Pas de quoi fouetter une nonne…

Pour feuilleter et apprécier, voire se fournir l’intégral en faisant un pied de nez à Apple, le texte et sa préface de Michel Baglin, universitaire :

http://skaediteur.net/

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Jeanne Desaubry
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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 15:06

doigts-diable.jpgLes doigts du diable
Dominique Delpiroux
L’Ecailler 2012

Je n’ai pas souvenir d’avoir lu beaucoup de commentaires sur la sortie de ce roman au printemps dernier. Pourtant il mérite qu’on s’y intéresse de près.
Le personnage principal, Simon, est une sorte de baleine débonnaire qui voit le monde au travers du prisme de sa passion : la paléontologie. La preuve : en son for intérieur il surnomme Julie,  sa dulcinée : Othnielia. Nul l’ignore que c’est le nom d’un hypsilophontidé, sorte de gazelle du Jurassique, évidemment. La terre parle à Simon comme la musique à d’autres. Un fragment d’os mangé par la glaise fait son bonheur. Il n’empêche que ce bon vivant maladroit va se trouver au cœur d’une étonnante intrigue qui prend ses racines dans le passé millénaire de la Terre, et dont les aléas ont déjà couru sur quelques siècles.
La préhistoire est le fil conducteur de ce roman étonnant qui mélange suspens policier, gendarme affilié à un mouvement catho extrémiste auprès duquel l’Opus Dei fait figure de société de philatélie, et fiction. Le rythme est construit sur une alternance de chapitres contemporains, truffés de rebondissements, et d’autres où l’on se retrouve il y a quelques millions d’années. Une comète approche de la terre alors qu’une espèce intelligente entrevoit sa disparition tout en luttant avec un petit carnassier intelligent et bipède qui ressemble fichtrement à l’espèce la plus dévastatrice que la Terre ait jamais porté : l’humain.
Dans son roman, Dominique Delpiroux fait quelques allusions en forme de clins d’œil au Da Vinci Code. Je ne peux juger de cette référence, n’ayant lu qu’une vingtaine de pages de la chose avant qu’elle ne me tombe de mains.
Ce ne fut pas le cas avec ces « Doigts du Diable », gros pépère de presque quatre cents pages, que j’avais hâte de reprendre à peine je l’avais posé. Humour, tendresse, érudition, sens du suspens, servis par une écriture sans chichi, sans fausse dramatisation, tout cela m’a parlé, m’a plu, et m’a donné un grand plaisir dont je suis reconnaissante à l’auteur. Une distraction intelligente et pleine d’humanité, un roman que je regrette d’avoir déjà lu : je n’ai plus la chance d’avoir à le découvrir.


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Jeanne Desaubry - dans critiques
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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 10:36

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Jeanne Desaubry
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Roman jeunesse  

dans la collection "Larpo & Rino"

aux éditions Krakoen

w9782916330822.jpgDisponible en librairie et sur Internet

Enseignante, j'accompagne le roman d'un dossier pédagogique, gracieusement mis à disposition des enseignants sur le site de l'éditeur dans sa version numérique. (Clic sur l'image pour plus de détails)

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